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Les types de gardes

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1 Les types de gardes le Dim 25 Déc - 21:52

Muhammad Ali

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Administrateur

Les positions de base



Avant de discuter des gardes, il fait tout d’abord parler deux positions de base.  La garde orthodoxe (droitière) où la main forte,  soit la droite, est à l’arrière et la garde dire «fausse patte» (gauchère) où la main forte, soit la gauche, est à l’arrière. Jusqu’ici, ça devrait aller…

Garde conventionnelle



C’est la plus connue, répandue, et enseignée de toute les gardes, et souvent celle préconisée par les boxeurs de type classique. La garde conventionnelle est comme suit: la main avant se tient au niveau du menton à environ 6-9 pouces du visage (à l’avant), la main arrière quant à elle, se tient très près du visage au niveau de la mâchoire. Le pratiquant est de profil et affiche cette posture dans le but de travailler son jab de façon efficace étant donné que celle-ci se trouve beaucoup plus près de la cible. Une fois son jab établi et son rythme imposé, il pourra placer ses autres autres coups en combinaison(s). Défensivement, il marie les blocages, parades, attrapes, ainsi que les esquives en fonction de son adversaire. S’il opte pour une esquive, il ira d’un bref mouvement économique de la tête vers la droite afin d’éviter le direct avant de son adversaire, ou d’un mouvement vers la gauche afin d’esquiver le direct arrière. Si son timing lui fait défaut, il se couvrira la tête avec ses gants (la garde dite «tortue»). Pour ce qui est des coups portés au corps, il utilisera principalement ses coudes comme bouclier pour protéger son abdomen ainsi que ses flancs. Puisque cette garde est considérée comme standard, elle n’a pas de défauts, ni d’avantages particuliers. Il en demeure donc au pratiquant de la personnalisée. Toutefois, si deux pratiquants de cette garde se font face, d’ordre général, l’adversaire avec la plus grande portée aura l’avantage.


La garde européenne





Cette garde est pratiquement identique à celle préconisée par les adeptes de muay thai (boxe thaïlandaise). Les mains sont portées très hautes, vers l’avant (l’adversaire) et en pronation; c’est-à-dire que les paumes font face à l’adversaire. Cette garde est idéale pour parer et attraper les coups plutôt que de dépenser de l’énergie supplémentaire à tenter de bloquer, absorber ou esquiver. Donc, en plus d’être économique, elle bloque l’accès au visage; limitant ainsi les coups à la tête. Toutefois, en ayant les mains très hautes et à demi-fléchies, les coups donnés ont moins de mordant.  Il est également plus difficile de se défendre contre les coups lancés au corps.


La garde basse





Cette garde est généralement déconseillée pour des raisons plutôt évidentes. Toutefois, comme toute règle, il y a des exceptions ou plutôt des situations où la garde basse se prête mieux que d’autres. Par exemple,  si vous êtes considérablement plus grand que votre adversaire, et que vous êtes donc moins à risque de vous faire  frapper à la tête, et/ ou encore que vous avez une excellente mobilité et miser sur l’esquive, cette garde peut vous convenir. De plus, si vous avez une prépondérance pour le travail au corps, cette garde peut vous vous permet d’arriver à destination plus rapidement. Enfin  au point de vue stratégique, avoir les mains délibérément basses peut servir de ruse en faisant croire à votre adversaire que vous êtes fatigués(es). En effet, l’un des signes les plus apparents que la fatigue commence à s’installer chez un boxeur est la difficulté à garder ses mains hautes. En croyant à tort qu’il est fatigué, l’adversaire précipitera son jeu, l’ouvrira davantage pour exposer plus de cibles et commettra ainsi des erreurs qu’il ne commenterait pas en temps normal s’il avait été plus prudent. Quatrièmement, avoir les mains basses est plus économique au point de vue énergique. Ceci étant dit, malgré ces quelques points positifs, cette garde demeure néanmoins déconseillée. À moins d’avoir une tête sur votre adversaire et d’être rapide comme l’éclair, tôt ou tard, vous risquez d’en manger une bonne en pleine gueule. Enfin, les coups portés à la tête prendront plus de temps à se rendre à destination étant donné que le coup suit une trajectoire diagonale plutôt qu’une ligne droite (à moins encore une fois qu’il n’y ait une disparité flagrante au niveau de la grandeur entre les deux adversaires.


Le Crabe





Le crabe, aussi surnommé « Philly Shell », ou « Shoulder Roll », est une garde qui a été popularisée entre autres par le boxeur Floyd Mayweather Jr. et qui a fait beaucoup d’adeptes dans les dernières années, surtout chez les jeunes boxeurs. Cette garde préconise d’abord et avant tout l’esquive.  Premièrement la main avant doit être de façon horizontale et au niveau de l’abdomen. Dans le but de mieux vous aider à visualiser cette position, vous n’avez qu’à vous remémorer votre pire mal de ventre. En ce qui concerne la main arrière, elle doit être tenue verticalement près de l’oreille, comme si on parlait au téléphone. Vous aurez sans doute déduit qu’une telle position ne favorise pas vraiment les blocages ou les parades. C’est pourquoi, l’esquive est de mise plutôt que le contact physique. Le crabe est donc une garde faite sur mesure pour les contre-attaquants. Une fois bien positionné, l’adepte du crabe doit être tout aussi capable de bouger efficacement afin d’éviter de s’en prendre plein la gueule. Son adversaire lui lance un direct avant (jab) ou un direct arrière au niveau du visage; une fraction de seconde avant que le coup ne l’atteigne, il tournera la tête vers l’arrière pour suivre ainsi la même trajectoire que le coup. De cette façon, si jamais le coup devait quand même l’ atteindre, l’impact sera partiellement absorbé et donc, beaucoup moins dommageable. Toutefois, ceci n’est évidemment pas le scénario souhaité. Ce que l’on souhaite en exécutant cette technique, c’est que le coup finisse sa trajectoire sur son épaule avant; la fameuse ‘’ bine’’ quoi. C’est pourquoi en tournant la tête vers l’arrière, l’adepte du crabe incline également le haut du corps légèrement vers le sol afin de diminuer d’une part l’impact du coup, et de l’autre, pour augmenterez ses chances que le coup termine sa course sur son épaule plutôt qu’en plein visage. La main avant, soit celle feignant le mal de ventre, servira, lors de cette motion, à protéger plusieurs organes vitaux du corps tels que le foie, la rate et les intestins. La main arrière quant à elle, toujours en position « conversation téléphonique », viendra protéger la mâchoire contre le crochet. En étant ainsi de profil, pour ne pas dire carrément de côté, on expose beaucoup moins de cibles, en plus de permettre au pratiquant de pouvoir dégainer avec aisance et vitesse, car sa main arrière est déjà armée et ainsi  prête à être lancée. Plus on limite les dégâts, plus on limite la fatigue; et ainsi, plus on augmente sa longévité à court, moyen et à long-terme. C’est pour cette raison que plusieurs adeptes de cette garde on des carrières plus longue que la moyenne des boxeurs. Toutefois, cette garde est moins efficace contre les bagarreurs à pression étant donné la proximité à laquelle ils préfèrent opérer, surtout dans les câbles et les coins, où il est impossible de reculer davantage. De plus, le volume élevé de coups élevés lancés, surtout au corps, rend la l’esquive et la contre-attaque beaucoup plus ardues.

La garde et le style peek-a-boo





Lorsque n’importe quel pratiquant porte ses gants près de ses joues et juste en dessous de ses yeux, on dit qu’il adopte la garde peek-a-boo. Bien que cela soit vrai en théorie, ce que plusieurs ignorent et/ou ont oublié, c’est que cette garde fut également un style en soi, alors que Mike Tyson, sous la tutelle de l’énigmatique génie de la boxe, Cus D’Amato, semait la terreur dans la catégorie des poids lors dans la deuxième moitié des années 1980. Cette garde fut inspirée du jeu parent-enfant «coucou» où le parent se cache le visage derrière les mains dans le but de surprendre son bébé en se dévoilant soudainement le visage pour le faire ainsi rire. Cette garde fut transformée en un style par le légendaire entraîneur, gérant et mentor : Cus D’Amato.
Ce style préconise exclusivement l’esquive. Toutefois, au lieu de maintenir sa distance et/ou de reculer, il met l’emphase sur une forte pression soutenue vers l’avant. Vous aurez compris que pour l’adversaire qui désire maintenir sa distance à tout prix, sa première réaction sera de vous garder à tout prix loin de lui en vous lançant une pluie de coups. L’adepte du style peek-a-boo, bien au courant de cette réalité inévitable, bougera donc sa tête sans cesse afin d’éviter de se faire atteindre. Contre les coups directs, il bougera la tête de droite à gauche, afin d’éviter à la fois le direct avant, le direct arrière pour ensuite revenir sur sa gauche pour contre-attaquer. L’adepte du peek-a-boo tente autant que possible de toujours revenir du côté gauche afin  d’exploiter tout le côté droit de son adversaire qui sera à découvert et ainsi, à sa merci (en supposant que l’adversaire boxe d’une garde orthodoxe ). Le pratiquant du peek-a-boo tente également de déborder son adversaire en se déplaçant à l’extérieur de la ligne centrale dans un angle de 45 degrés. Ceci lui évite d’une part de se prendre plusieurs coups dangereux (car n’oubliez-pas une chose, il avance en sens contraire de la trajectoire du coup plutôt que de la suivre pour absorber partiellement l’impact), et d’une autre, ceci le met dans une position parfaite pour contre-attaquer.  Les puristes de la boxe conventionnelle ont de la difficulté à comprendre ce style de boxe, car la règle d’art de la boxe standard veut qu’on esquive le direct avant à droite, et le direct arrière à gauche. La réponse qu’un adepte du peek-a-boo a par rapport à ce commentaire, est qu’en esquivant vers sa droite, on évite peut-être le direct avant, mais on demeure toujours à risque de se prendre le direct arrière en plein visage; sans compter que l’on demeure dans une position moins favorable pour riposter. Ce qu’il faut comprendre d’abord et avant tout, c’est que dans la boxe conventionnelle, les esquives se font surtout avec la tête, donc le mouvement latéral vers la droite ou la gauche est certes économique, mais limité. Un adversaire de plus petite taille qui esquive un direct avant vers sa droite demeure toujours à risque de se prendre un direct arrière, ou un crochet de gauche en plus d’être de court pour répliquer. Il doit donc battre en retraite et recommencer son assaut de plus bel. Le style peek-a-boo préconise donc des esquives vers la gauche faites avec tout le tronc, tel un pendule, afin d’augmenter l’amplitude du mouvement. Ceci vous permet d’éviter la gauche et «d’étouffer» la droite, en autant que vous bougiez constamment vers l’avant et dans un angle de 45 degrés. À ce stade-ci, vous avez le feu vert pour dégainer vos coups.
L’autre maxime très importante dans le style peek-a-boo est l’emphase sur les coups portés au corps. Ceci va de soi et suit la logique voulant que le plus petit des deux combattants attaque la cible la plus proche, et la plus facile à atteindre pour lui. Une autre maxime primordiale est d’éviter de lancer des coups en «solo», soit un à la fois, car cela permet à votre adversaire d’anticiper vos coups plus facilement, diminuant ainsi vos chances d’atteindre la cible et augmentant par le fait même ses chances de riposter. Donc, les coups doivent être lancés principalement au corps et en combinaison. Toutefois, il ne faut pas trop s’éterniser sur ses combinaisons (à moins que votre adversaire ne soit vraiment débordé et ne sente la soupe chaude). La raison est simple: lorsque vous êtes sur l’offensive, par défaut, vous n’êtes pas sur la défensive, et par conséquent, vous êtes aussi sujet que lui à vous faire frapper, surtout si vous faites affaire à un autre attaquant qui n’en n’a pas seulement vu d’autres, mais qui n’attend juste ça (que vous dégainiez). Donc, d’ordre général, on lance en combinaison, mais on garde les gardes courtes et principalement au corps; soit «corps-corps-tête», ou «corps-tête-corps». Une fois la combinaison terminée, on bouge pour attaquer de plus bel d’une autre position. Dans le même ordre d’idée, non seulement faut-il garder ses combinaisons courtes, mais il faut également toujours bouger et dégainer le plus rapidement possible. Il faut donc éliminer tous mouvements surétirés et lancinants permettant à l’adversaire de s’ajuster en conséquence. D’Amato avait pour philosophie que chaque combinaison devait être lancée en deux-cinquième de seconde! De surcroît, un boxeur ne peut être immobile que pour le même lapse de temps (car il est beaucoup plus facile de lancer ses coups en puissance lorsqu’on est bien ancré et lorsque l’adversaire est lui-même immobile). Pour ce qui de la défense contre les uppercuts, on suit le même principe que pour les coups directs. Pour ce qui est des crochets, on prône principalement le « weave», où le pratiquant exécute la forme la lettre «U» afin d’esquiver le coup. Tous ces concepts et principes combinés font en sorte que le pratiquant plus petit peu facilement éliminer l’avantage en grandeur et en portée que son adversaire possède sur lui. Le seul « hic » concernant le style-garde peek-a-boo, c’est qu’il faut être en excellente condition physique afin de pouvoir attaquer sans relâche, sortir, rentrer et ressortir de la ligne d’attaque sans cesse, ainsi que pour vaciller la tête à outrance pendant 12 rondes. C’est pourquoi, cette garde convient davantage aux plus jeunes boxeurs (surtout ceux plus petits, compacts et mobiles), ou du moins, aux boxeurs ayant naturellement une bonne endurance physique et de la vitesse à revendre. Sans quoi, vous risquez de manquer de carburant à mi-chemin dans le combat en plus d’avoir de la difficulté à esquiver et contrer à temps.


La garde bras croisés





La garde bras croisés ou «cross-arm» est une garde plutôt rare de nos jours, mais très efficace contre les «chasseurs de tête», notamment ceux possédant un bon jab. C’est d’ailleurs grâce à cette garde ( ainsi qu’un un excellent contre-jab doublé) que Ken Norton a réussi à vaincre le grand Muhammad Ali. C’est aussi grâce à cette même garde (ainsi qu’à un crochet de gauche dévastateur et une combativité sans relâche) que Joe Frazier a livré le plus dur combat de toute l’histoire de la boxe professionnelle avec ce même Ali. Outre Norton et Frazier, cette garde a été popularisée également par les boxeurs  Archie Moore, et George Foreman lors de son retour. Cette garde est relativement facile à exécuter; donc elle est idéale pour les boxeurs moins rapides, moins mobiles et/ou moins endurants. Pour l’exécuter, vous n’avez qu’à vous rappeler vos belles années de secondaire où vous dormiez paisiblement sur votre bureau, les bras croisés et la tête bien engloutis entre eux, lors du cours de mathématiques du lundi matin. On dit que cette garde est idéale contre les «chasseurs de tête», car les avant-bras vous protège contre le direct avant, le direct arrière, et même contre «l’overhand» (ou du moins partiellement). La portion supérieure des deux bras (humérus) ainsi que les épaules, viendront protéger le côté de la tête et la mâchoire contre les crochets. Le seul bémol, c’est l’uppercut. En effet, c’est le seul coup susceptible de pouvoir passer (par en dessous) étant donné sa trajectoire verticale. Pour pallier à cette lacune, l’adepte du se penchera vers l’avant, comme s’il exécutait un redressement assis, pour absorber ainsi l’impact du coup. Toutefois et comme vous l’avez sans doutes deviné, cette garde est beaucoup moins efficace contre les coups au corps; c’est pourquoi elle ne convient pas contre des adversaires aimant travailler au corps. De plus, les cogneurs sont assez puissants pour passer à travers la garde, même si les coups sont portés au visage. Vous n’avez qu’à regarder les combats Norton-Foreman et Norton-Shavers où le pauvre Norton s’est fait démolir respectivement en moins de 2, et 1 ronde. Enfin, en ayant les bras pareillement superposés un par-dessus l’autre dans un angle de 90 degrés, les poings ne font pas face à l’adversaire, empêchant donc le pratiquant de dégainer rapidement.


Conclusion



En conclusion, ce qu’il faut comprendre des gardes c’est qu’elles ont tous leurs forces et leurs faiblesses. C’est pourquoi: «la garde ne fait pas l’Homme, mais plutôt l’Homme qui fait la garde.»; c’est-à-dire que le choix que vous ferez devra dépendre de votre physionomie et de votre personnalité. Par conséquent, le succès que vous aurez à l’employer dépendra à son tour de votre talent naturel et de votre intelligence. Afin de savoir laquelle vous conviendra le mieux, et bien c’est comme aller magasiner: il faut tout d’abord les essayer! Je vous laisse donc sur ces très sages paroles et je vous souhaite: BON ENTRAÎNEMENT!

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